Marketing de soi : comment se raconter et se vendre grâce au storytelling

Temps de lecture : 6 minutes

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Entretien d’embauche, prospection, réseautage : nous connaissons tous ces situations inconfortables où il est indispensable de savoir se présenter, se raconter et se vendre. Nous sommes généralement mal à l’aise avec ce marketing de soi : incertitude, manque de confiance, d’assurance… Mais à ces peurs classiques s’ajoutent, pour un nombre croissant de travailleurs, le « problème » de ne rentrer dans aucune case. Comment se présenter quand on exerce plusieurs activités ou quand on change souvent de métier ?

Même avec douze ans de théâtre au compteur, je n’excelle pas dans l’art du réseautage. Comment convaincre rapidement mon interlocuteur que je suis une experte dans mon domaine ? Que travailler avec moi lui sera agréable et bénéfique ? C’est pourtant à l’une de ces fameuses soirées networking que j’ai rencontré Laura Dos Santos. Son travail ? Aider les profils atypiques à se raconter.

Et l’atelier collectif auquel elle m’a conviée m’a fait réfléchir sur le sujet.

Pour se raconter, encore faut-il se comprendre

Comment votre interlocuteur peut-il comprendre ce que vous faites, si vous-même n’en avez aucune idée ? Se connaître, cerner ses aspirations profondes, comprendre ce qui nous anime sont les préalables indispensables à une vie épanouie. Tant professionnelle que personnelle. Ces questionnements peuvent apparaître à tout moment : qu’on soit mal dans son poste, dans son entreprise, dans son métier, dans son statut… Ou qu’on ait tout simplement besoin de rendre audible le magma d’idées qui s’agitent dans notre crâne.

Il n’est pas toujours confortable de s’interroger… Surtout quand ce brainstorming interne nous amène sur la voie du changement. Horreur, du changement ! « Finalement, je ne suis pas si mal là où je suis », vous dites-vous peut-être en continuant de creuser votre trou. Si c’est le cas, arrêtez de vous saborder. Et même si tout slogan à base de « le changement… » est proscrit depuis 2012, vous voyez ce que je veux dire.

Pour que nous commencions à organiser nos idées avant l’atelier, Laura nous propose de réfléchir au « verbe de notre vie ». Plutôt que de se définir par rapport à un métier, pourquoi ne pas rechercher plutôt cette intention qui sous-tend nos actions ? Aider, partager, révéler, connecter, transmettre, créer, écrire… La richesse de nos propositions, ce matin de décembre, a ouvert la voie à des échanges intenses.

Pourquoi travailler son « personal branding », le marketing de soi ?

Comprendre et connaître nos envies, indépendantes de tout jugement des autres (ou de l’idée que l’on s’en fait), est important pour nous tous. Mais au-delà de ces questions essentielles de développement personnel, quel est l’intérêt – professionnellement parlant – de se définir et de savoir se présenter efficacement ? Comment « se packager » soi-même, de sorte à présenter un profil et des arguments bien rodés, sans perdre en authenticité ?

Définir son « méta-métier »

Quand on est entrepreneur, freelance, slasher, en transition, ou même plus simplement en recherche d’emploi, il est important de savoir ce qui nous anime. Sinon, on a vite fait de s’éparpiller… Et de se perdre. Qu’est-ce qui rend nos actions et notre parcours cohérents, une fois qu’on a rangé tout le bazar qui les recouvrent ?

C’est grâce à une amie slasheuse* que Laura a souhaité se lancer dans l’aventure de l’accompagnement. Celle-ci lui a demandé de l’aider à définir son « méta-métier », celui qui organiserait la cohérence de toutes ses activités. Laura a cherché une méthodologie pour l’aider à se définir et à se raconter. De tests en expérimentations, elle a développé des ateliers collectifs où l’entraide permet à ceux qu’elles accompagne de définir leur « fil rouge ».

(*Un slasher est une personne qui exerce plusieurs activités professionnelles en même temps.)

Quand la créativité révèle la singularité

Sans surprise, nous sommes plusieurs multipotentialistes autour de Laura, mais pas uniquement. Pour telle ou telle raison, nous avons tous un intérêt à savoir nous définir et nous vendre. Au programme, une suite d’exercices créatifs pour nous aider à y voir plus clair sur ce qui fait notre ADN, et comment le présenter. Discrète et à la fois très présente, Laura nous guide dans cette exploration de nous-même. Avec ses propositions, elle installe un terreau fertile pour que chacun puise dans l’énergie des autres pour se révéler.

marketing de soi personal branding
En clair, je peux vous dire qu’on a pas chômé.

Me confronter à d’autres singularités m’amène à réfléchir sur l’intérêt du storytelling et en particulier ici du « personal branding« .

Pourquoi se raconter, à quoi sert le marketing de soi ?

Se raconter pour être cohérent et compréhensible

Pauline, freelance dans la communication, constate qu’elle a besoin de structurer son offre de services avant de réussir à se pitcher (enfin ça, c’était avant que Pasquier ne revendique la paternité du terme). En clair, il lui faut impérativement savoir ce qu’elle vend/veut vendre pour pouvoir se présenter efficacement.

Sa réflexion rejoint la fameuse citation de Boileau : « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ». Si vous avez une idée précise de ce que vous faites, vous serez à même de bien l’expliquer, en allant à l’essentiel. Sinon, vous risquez de vous perdre dans des détails qui embrouillent vos interlocuteurs… Et noient votre message. « C’est tellement difficile. Plus c’est court, et plus on réalise que chaque mot compte. » lâche Julien.

Se raconter pour capter l’attention et impacter

« Comment se raconter en une minute et être hyper impactant ? » se demande Cédric en début de séance. Bonne question. Oui, il faut être capable de capter aussitôt l’attention. Encore plus à une époque où nos cerveaux ne parviennent plus à répondre à toutes les sollicitations qui les assaillent.

Par quoi ça passe ? Par le storytelling, ou l’art de raconter des histoires. Oui, des histoires, pas des bobards. Souvent associé à l’image de pubards cupides, le storytelling a parfois mauvaise presse. Pourtant, il consiste seulement à susciter l’émotion chez son interlocuteur, son lecteur ou son public, pour mieux lui transmettre un message.

Regardez les conférences TED : les meilleures ne sont-elles pas celles qui, en plus de faire appel à votre intelligence, vous ont ému, amusé, surpris ? Un bon orateur sait capter (et garder) l’attention par en racontant une histoire dans laquelle ses arguments s’intègrent parfaitement. Alors Cédric, à quand le TED Talk ?

marketing de soi se raconter
En attendant, échanger à deux c’était déjà pas mal.

Se raconter pour se distinguer

« Je ne veux pas être énième consultante en com' » lâche Pauline, qui n’en est assurément pas une, mais travaille à définir plus précisément ce qui fait sa valeur ajoutée. Questionner ses centres d’intérêt et ses atouts permet de mieux circonscrire son offre de produits ou de services (mais aussi de compétences quand on est candidat pour un poste, par exemple !) et de mieux travailler son « personal branding ».

Pour se distinguer, on conseille souvent de se spécialiser dans un domaine, d’aller vers une « niche ». Cette remarque peut paraître contradictoire pour la multipotentialiste que je suis… Pourtant, je suis à la fois généraliste (j’exerce plusieurs métiers tous liés à l’écriture) et spécialiste (j’écris surtout sur le développement durable) ! Ma passion pour les mots et mon passé de consultante en urbanisme et environnement donne de la cohérence à mon parcours. Je ne suis d’ailleurs pas la seule sur ce créneau, puisque parmi les participants à l’atelier, Céline aborde la communication responsable par le biais du graphisme, son domaine.

Marketing de soi : ne peut-on se définir que par son métier ?

« Tu fais quoi dans la vie ? » À cette question, l’une des premières que l’on pose à quelqu’un, il est bien triste de ne répondre que par un métier. Surtout quand nous n’avons pas un, mais plusieurs, en même temps ou au cours d’une vie. Et au-delà de ça, toute notre vie ne se résumerait donc qu’à ces heures passées derrière un bureau, un comptoir, un volant, un guichet, etc. ? Assurément, nous sommes bien plus que ce professionnel, même heureux et passionné.

Quand il est difficile de ramener son activité professionnelle à un seul terme, une seule case, cette limite nous saute aux yeux. Nos engagements associatifs, nos passions, nos traits de caractère, nos aspirations… Tout ça ne transparaît pas nécessairement dans notre/nos métier(s). Alors, quand on porte plusieurs casquettes, n’en parlons pas…

Bilan d’une matinée à se raconter

Nous repartons de cette matinée d’expérimentation avec un grand sourire aux lèvres. Heureux d’avoir rencontré d’autres explorateurs des possibles et enrichis du regard que nous avons porté les uns sur les autres. « C’est perturbant d’entendre des choses vraies sur soi dans la bouche d’un autre qui pourtant ne nous connaît pas » s’étonne Camille, ma partenaire d’un matin.

Moi aussi, elle m’a remuée quand, en observant seulement le collage que j’avais fait un peu au hasard, elle m’a dit : « Bordeaux c’est ton socle, ton cocon. Tu es stable à ce niveau, c’est ce qui fait que tu te sens capable de sortir de ta zone de confort, professionnellement et personnellement. »

Touché. Pourtant, je n’y avais jamais songé. Réfléchir dans mon coin, je sais faire. Mais apprendre des autres et me laisser porter par l’énergie collective, c’est exactement ce que j’étais venue chercher.

Storyme : se raconter avec impact et authenticité

C’est pour pouvoir accompagner les multiactivités comme elle que Laura lance aujourd’hui Storyme. « Comment se raconter de manière simple et impactante ? Quels mots, quelles images, quel ton utiliser pour embarquer notre interlocuteur, notre prospect, client ou prestataire sans le perdre ? » se demande-t-elle sur la page Facebook de Storyme.

Laura Dos Santos propose actuellement trois outils d’accompagnement pour aider les personnes à progresser :

  • Les ateliers collectifs (une demi-journée ou une journée) : des exercices créatifs et ludiques (écriture, dessins, jeux de rôles…) réalisés en petits groupes aident les participants à avancer dans leur personal branding.
  • L’accompagnement individuel au marketing de soi : accroche, présentation, storytelling… Laura met à disposition ses compétences de communicante pour aider chacun à exprimer sa singularité.
  • La création d’outils de communication : logo, vidéo, portraits écrits, cartes de visite… L’intervention de Laura peut aller jusqu’à décliner votre identité sur tous les supports.

Bordeaux se la raconte, le média des histoires des bordelais

Et pour les curieux, n’hésitez pas à regarder les vidéos du pétillant média Bordeaux se la raconte, qu’elle a co-créé avec son ami Guillaume. Chaque épisode dresse le portrait d’un bordelais qui les a touchés par son activité, son engagement, sa personnalité. Car vous l’aurez compris, ce que Laura aime le plus, c’est raconter des histoires.

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