Freelance, comment fixer vos tarifs ?

Temps de lecture : 2 minutes

Cette question du tarif, tous les freelance se la posent un jour (et peut-être même deux, ou trois…)

Suivant votre formation, votre rapport à l’argent, votre culture, votre entourage, votre estime de vous-même (le fameux syndrome de l’imposteur), vous aurez plus ou moins de facilités à estimer le prix de vos services.

Je commencerai cet article en citant Pierre B., qui dans un élan d’inspiration a un jour posté sur le groupe Facebook des freelance à Bordeaux :

Pensée du jour : Fais-toi payer ce que tu vaux, sinon tu finiras par valoir ce qu’on te paye !

Alors les freelance, comment fait-on pour se vendre au juste prix ? Voyons ça de plus près.

La rémunération d’un freelance n’est pas un salaire…

… et ne suit pas la même logique, c’est évident.

Comme je le disais dans l’article précédent, un indépendant ne peut pas raisonner en facturant ce qu’il veut gagner + le montant de ses charges. Parce qu’il a une tripotée d’éléments à prendre également en compte : la prospection, la facturation, les engueulades avec l’URSSAF et peut-être même Pôle Emploi (j’ai de la corde en stock si nécessaire), la formation, les vacances, d’éventuels arrêts maladie…

Qu’il soit auto-entrepreneur, en EURL, en SASU, en coopérative, en portage… Le freelance ne peut pas penser sa facturation comme la rémunération d’un salarié.

Distinguer les jours travaillés des jours facturés

Il y a environ 220 jours travaillés dans l’année.

Admettons que vous envisagiez de travailler 40h/semaine et que vous souhaitiez gagner 2 500€ nets par mois. Ce qui, vous en conviendrez, est une rémunération confortable mais pas indécente. Surtout après de longues années d’études et encore davantage à se former et se tenir à jour en permanence.

Combien devez-vous facturer ?

Environ le double, soit 5 000€ par mois.

Pourquoi ?

  • Parce que vous n’allez pas facturer tout votre temps de travail (cf. plus haut) ;
  • Parce que vous n’allez pas éternellement vous passer de vacances (ça va bien la 1re année, et encore) ;
  • Parce que vous pouvez malheureusement tomber malade ;
  • Parce que votre entreprise va payer des impôts (même si vous êtes auto-entrepreneur, oui) ;
  • Parce que ce ne sera pas toujours Byzance niveau missions.

Bref, on arrive plutôt aux alentours de 150 jours de production facturée par an.

Or, pour gagner 30 000€ nets / an en travaillant 8h / jour, il faut diviser 30 000 par 150… Ce qui donne 400€ par jour, et 50€ par heure. Et on parle d’un minimum.

On a la clientèle qu’on mérite…

Fixer des tarifs, c’est aussi cibler une clientèle.

Avec une fourchette de prix basse, vous allez forcément attirer des clients qui veulent de la quantité plutôt que de la qualité. Paraphraser des articles déjà existants ou rédiger à la truelle des descriptifs produits de photocopieuse, est-ce vraiment ce que vous voulez ? Si oui, foncez, il y a (malheureusement) du maille.

Personnellement, j’aime le travail bien fait. Les informations vérifiées. J’aime rendre un texte dont je suis fière, qui aura une utilité et apprendra des choses à ses lecteurs. Tout ça, ça prend du temps, et mon temps, je le facture. Mes textes ont donc une certaine valeur qui me paraît largement justifiée.

Pourquoi vous ne devez pas avoir peur de facturer ce prix-là

400€/jour, ça paraît énorme, mais rappelons que fixer des prix trop bas a plusieurs conséquences :

  • Vous discréditez votre travail auprès de vos futurs clients.
  • Vous attirez ceux qui cherchent des contenus peu qualitatifs.
  • Vous aurez des difficultés à augmenter vos tarifs par la suite.
  • Vous n’anticipez pas suffisamment tout les à-côté de votre vie de freelance.
  • Etc.

Je sais, beaucoup de rédacteurs web et autres freelance se vendent beaucoup moins cher. Mais en faisant comme eux, vous contribuez au mouvement général qui tire les prix vers le bas. Et fait plonger de plus en plus d’indépendants dans la précarité.

Soyons réalistes et demandons d’être rémunérés correctement, en commençant par fixer des prix qui nous permettent de vivre normalement.

Je terminerai sur une autre citation, entendue de la bouche d’un professionnel et enseignant en informatique :

Quand t’es bon, tu travailles.

Même si t’es cher.

À bon entendeur 😉

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4 Comments

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